jeudi 13 mai 2010

Orphans (Peter Mullan, 1997)



Pour ceux qui auraient raté le meilleur film de Danny Boyle, Peter Mullan c'est le truand de Petits Meurtres Entre Amis qui torture des innocents en les enfermant dans un congélo ou en les noyant dans une baignoire, avant de maugréer un truc genre "enculé de sa race" un fois le quidam sus-cité canné dans son bouillon. Bref le genre de tronche qu'on oublie pas facilement.

C'est aussi le gars qui a fait Orphans, un genre de comédie noire bien terne et amère comme seuls les écossais et les angliches peuvent en pondre, délestée de toute inoffensive subversion façon US, juste cruelle. Et d'une singulière laideur, comme Glasgow qui lui sert de décor, paraît même qu'on a fait difficilement plus représentatif dans le langage et l'atmosphère selon les gens du cru. Enfin tout ce beau speech est torché sur base de souvenirs qui commencent à dater, ptetre qu'en le revoyant d'un oeil moins impressionnable qu'alors je me dirais que j'ai encore exagéré, ou ptetre pas, mais j'me souviens bien assez de cette galerie de losers patentés et de l'ambiance morne à la Bloody Angels (un autre truc  insalubre à matter si vous l'avez toujours pas fait), pour pas avoir spécialement envie de le revoir. De ces scènes peu orthodoxes entre les zonages parallèles de la petite famille, du portrait façon chronique de Ken Loach frelatée des classes sociales défavorisées bougonnant dans leur crasse au milieu de leurs briques rouges, des symboliques religieuses pesantes disséminées ça et là, de l'acteur tristouille qui jouait le padre de Billy Eliott, sorte de Ed Harris à la bouille anxieuse, qui traîne ses guêtres au milieu et veille dévotement sur la dépouille de sa mater, et de son frangin, sorte de jeune sociopathe à coupe sixties en plein deuil qui se fait chambrer par des poivrots avant d'aller maugréer dans les chiottes du bar en mûrissant une vengeance au fusil ou genre, bref le style d'humour noir plutôt gris qui fait pas vraiment rire voire pas de trop ou pas du tout, et qui te laisse comme un vieux gout âcre au coin du palais, un peu comme Shallow Grave finalement, ouais, le genre de film qu'on présente comme "désopilant" sur les affiches, ou quand on l'a jamais vu et qu'on s'est fié aux retours des spectateurs d'outre-manche, qui n'ont pas vraiment la même notion de l'humour que nous autres sympathiques grenouilles c'est le moins qu'on puisse dire.

Pour l'info pratique inutile, le DVD se trouvait facilement pour le prix d'un paquet de 10 quand ça existait encore, dans n'importe quelle grande surface miteuse.

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