Romero, s'il a été capable de grandes choses à côté de ses films de macchab', c'est indéniablement vautré en 1988, lorsqu'il voulu mettre sur pied cette histoire de possession amoureuse bien particulière, malgré un boulot incontestable niveau dressage et une première demi-heure d'exposition réussie et touchante. L'aspect thriller n'a pas beaucoup de crédibilité, guère plus que le jeu des seconds rôles qui - en plus de tout un tas d'autres facteurs que je ne prendrai pas la peine d'énumérer - viennent démolir ce qui aurait pu être un excellent huit-clos paranoïaque, si Romero s'était contenté de se concentrer sur la relation entre le singe et son maître au lieu de vouloir greffer du superflu. Que le nom de Savini au générique ne vous trompe pas : aucune trace de gore ici, pas la plus petite goutte, et aucune scène vraiment dérangeante à l'exception des brèves accolades limite sexuelles entre le tétraplégique et son singe, où de l'ultime affrontement. Voulu sérieux et sombre, Monkey Shines est en réalité plus proche du burlesque involontaire, avec des scènes et des répliques théâtrales proprement à se pisser dessus (ou se cacher de honte) au fur et à mesure que le métrage s'enfonce dans le n'importe quoi (notamment celles où Jason Beghe insulte sa mère, surjouée par l'insupportable Joyce Van Patten, une actrice habituée aux séries US des années 70)... Plus il déroule plus le film se révèle très bancal, et inachevé, comme si Romero n'avait pas eu le temps d'aller jusqu'au bout de ses idées (on ressent notamment ça dans le truc de la télékinésie qui fait lorgner le film vers le fantastique, mais inutile au final, où dans le côté un peu "Re-Animator" des séquences de laboratoire avec l'excellent John Pankow en scientifique insomniaque shooté au sironimo), et tape très vite sur le système à force de tourner en rond autour de son gimmick schizo, jusqu'à la nausée. Quelques images marquantes, jusqu'à la fameuse scène de mise à mort du capucin (totalement fendarde), pour une série B mal fagotée au potentiel nanardesque conséquent, achevée menton au sol par un happy end foireux. Gâchis.
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vendredi 22 juillet 2011
dimanche 3 juillet 2011
Altered States (Ken Russell, 1980)
Autre machin culte dont l'aperçu de bribes volées lors d'une diffusion télé m'a beaucoup marqué, Altered States mérite sans doute son statut, malgré son côté bancal et inachevé, son absence de scénario, ses seconds rôles sans épaisseur, ses dialogues scientifiques indigestes et sa deuxième partie aberrante, c'est sans nul doute un des très rares films dont la vision marque, questionne, qu'on soit attiré par le sujet ou non (pour moi c'est un des thèmes les plus casse-gueules du cinéma, Jan Kounen en sait quelque chose). Presque tout l'intérêt d'AS réside évidemment dans les hallucinations, ou plutôt leur interprétation filmique (donc figée) : organiques, puissantes, abruptes, volontiers grotesques et sans équivalent cinématographique (à part peut-être chez Jodorowsky ou dans les séquences les plus barrées du 2001 de Kubrick), notamment la première initiation à la substance chamane lors de la fameuse "fissure dans le vide", d'une telle densité - et beauté - qu'elle mérite plusieurs visions. Il paraît que ça se regarde sous drogue pour faire un effet boeuf, mais ça doit aussi valoir pour un métrage de Coline Serreau ou n'importe quel film, encore qu'il semble peu probable que Justin Broadrick aurait pu tirer la pochette de Streetcleaner d'un Coline Serreau... A part les séquences sous ayahuasca et l'excellence de William Hurt, on notera aussi de sévères déformations physiques type tumeurs mouvantes et phlyctènes géants, très proches de ce qu'a fait Cronenberg dans Scanners la même année. Body horror, qu'ils appelaient ça, un temps.
Le gros problème dans Altered States, car il y en a un et de taille, tient dans sa deuxième moitié : dès l'instant où Ken Russell décide de matérialiser cette chose purement subjective et psychique, en faisant de son héros un primate bondissant et poussant des cris ridicules, c'est la déconfiture, la redescente (sans jeu de mot) au niveau d'un film de loup-garou foireux des années 50, le gâchis d'une idée de départ bandante, heureusement relevé sur la séquence finale avec force flashs de couleurs inversée et hystérie visuelle, mais là il faudra s'accrocher, ou avoir fantasmé sur la pochette du Technique de New Order pour pleinement apprécier, moi ça m'a plongé entre le fou rire et la stupeur, la nausée, pas loin de la terreur sourde. A retenter dans la condition sine qua non éventuellement. Reste à définir laquelle...
mercredi 29 juin 2011
Hideaway (Brett Leonard, 1995)
J'avais été traumatisé, vers 9-10 ans, par un visionnage du début, sur Canal+, lorsque le psychopathe se plante sur un poignard en pleine cérémonie satanique après avoir tué maman et la frangine dans la maison familiale... Je m'étais gravé le titre du film dans un coin de ma caboche, après l'avoir glané sur la programmation du Canal Mag après moult recherches fébriles, et c'est seulement hier que j'ai enfin pu le revoir (j'avais également flashé sur Petits meurtres entre amis la même année je crois). Evidemment à la révision, compte tenu du nom du réalisateur, il apparaît que Hideaway (sorti chez nous sous le titre "Souvenirs de l'Au-delà"), passé sa puissante introduction méritant le souvenir que j'en ai gardé, est un raté, entre nanar et film de commande torché à l'arrache, adaptation plus qu'approximative d'un excellent Dean Koontz (qui tentera par tous les moyens de faire retirer son nom du générique), ornée d'une des cascades de voiture les plus mal gérées de toute l'histoire hollywoodienne et de dialogues à la cohérence douteuse, d'une mise en scène calamiteuse - qu'on pourrait résumer en un code morse qui ferait "un tour en bagnole - une hallucination - un tour en bagnole - une hallucination" - avec toutefois une première moitié généreuse en passages ambiancés karacho, notamment la traque de collégienne en boîte de nuit sur de l'indus avec ambiance bleutée, proche dans l'esprit des (rares) bonnes scènes de Copycat... et puis il y a évidemment la patte cyberspace cheap malsaine de Brett Leonard, responsable du culte et toxique "Cobaye" s'il fallait le rappeler. Imaginez les séquences 3D les plus laides et radioactives du fameux Cobaye, en encore plus malsain : visions de l'Au-delà kaléidoscopiques, flashs pédophiles à la sournoise et final n'importe-quoi inespéré en forme de battle Enfer versus Paradis, j'en suis resté les yeux comme deux ronds de flan, techniquement c'est du très très très lourd, même un gamin qui a été biberonné à Dragon Ball et Sailor Moon risque sa santé mentale, je préviens... Pour finir, le casting des seconds rôles, à l'exception de Jeremy Sisto, excellent en serial killer narcissique façon Buffalo Bill hétéro, se contente de réciter les répliques molles d'un script honteux en ne prenant même pas la peine d'y croire, la palme étant détenue par Alicia Silverstone (la fille que Sylvester a eu avec Stallone, vous savez) ex-aequo avec l'espèce de sous-flic qu'ils ont collé à l'enquête, les forces de l'ordre se résumant (faute de budget, plaqué dans les FX infographiques ?) à une espèce de copie hongroise de l'Inspecteur Lavardin croisée avec un Columbo discount.
Mais parler de casting sans évoquer l'inénarrable tête d'affiche serait une erreur dramatique. On pourrait en dire long sur Jeff Goldblum dans Hideaway... Pensez surjeu, solitude totale et coolitude absolues, plus loin encore dans le suprême Goldblum que le nerd rock star qui sauva Jurassic Park de la déconfiture (ok, juste après le dino à colerette) ou le nerd juif qui sauva l'humanité dans Independence Day, presque au niveau de Mister Frost (j'attends encore la version DVD de part chez nous), voire ça... Jeff baise comme dans les pubs pour déo, Jeff coupe des légumes dans la cuisine, Jeff s'automutile à la lame de rasoir, Jeff tient un fusil à pompe habillé en pull over col roulé en prenant une mine circonspecte ; bref Jeff se donne par moments tellement à fond qu'il en devient effrayant, même si la plupart du temps il se contente de rouler des yeux et d'y aller du tic nerveux comme s'il était encore Brundle Fly, se demandant constamment qu'est-ce qu'il est venu foutre dans cette galère... mais bravant toutes les étapes du massacre avec une ingéniosité qui laisse coi, assurant presque à lui seul au film l'accès au statut de curiosité. Notez que la bande originale, 90's obligent, s'en sort pas mal : du FLA, du Godflesh ("Nihil", pas de doute le choix aurait pu être pire), du Miranda Sex Garden sauce grunge, du Peace Love & Pitbulls, et certes moins surprenant du Fear Facto et du KMFDM.
mardi 5 avril 2011
Black Swan (Darren Aronofsky, 2010)
Ici, il y a presque tout pour faire fuir l'homme de goût normalement constitué. Et croyez-le ou non, l'incongrue pseudo-racaille qui fût jadis un De Niro made in taiwan tout à fait convenable chez Kassovitz, reconvertie en sinistre prof de danse à col roulé, n'est pas le plus épais des postillons aronofskiens éclaboussant le plastron de la grâce - disons qu'il participe modestement à un tout de médiocrité affichée...
Comme je l'ai dit ailleurs et pour vous donner un aperçu fidèle de mon ressenti, Black Swan n'est qu'un remake racoleur et gogoth de La Pianiste de Haneke, agrémenté d'une pincée de mauvais Polanski, que ce soit au travers d'hallucinations complètement ratées et indigentes ou de la trame (qui se veut d'après ce que j'ai cru comprendre un crescendo vers la paranoïa), sauvé par ses rares mais efficaces scènes de touche-pipi, et sûrement pas un film glauque ou trouble comme j'ai pu le lire ça et là. A moins que Natalie Portman ne relève à vos yeux du trouble ou que les pubs "try to remember" pour Carte Noire figurent dans votre panthéon du morbide.
Du début à la fin, ce film est à l'image de son actrice principale : navré et navrant, comme ses gamines qui pleurnichent dans les jupes de maman pour avoir leur premier cellulaire, à un âge où le goût d'une bitte relève de l'insoupçonnable. Inutile de se fatiguer les nerfs à gueuler dans pareils cas, père et mère le savent tous deux : une petite gifle sèche et humiliante sur la joue rosie, et il n'y paraîtra plus.
jeudi 10 mars 2011
Grizzly Man (Werner Herzog, 2005)
Mis de côté depuis mon visionnage du Bad Lieutenant dominé par Nicolas "Caged", et dans ma ligne de mire depuis le robuste Rescue Dawn, Grizzly Man m'a conforté dans l'idée que le vieux Werner vieillit très bien, qu'il reste passionné par ses vieux thèmes métaphysiques, et qu'il montre toujours la nature comme personne, et l'humain idem. Avec une cruauté très karacho, et ce souci permanent du danger. Ceux qui se contrefoutent royalement des ours peuvent foncer sans problème, puisque ça n'est en rien le sujet.
Grizzly Man est un docu-fiction sur un écolo naïf et parano aveuglé par son amour pour les plantigrades, qui a côtoyé de très près les plus dangereux d'entre eux, pendant treize étés, dans la verdoyance verdissime de l'Alaska, jusqu'au jour où l'un d'eux l'a bouffé.
Herzog a rencontré pas mal de monde, les potes, les ex-copines, le papa et la maman, le pilote d'hélico, même le légiste qui a dû examiner les ossements qu'on a ressorti du ventre de l'ours... Il a fait ça bien.
Herzog a rencontré pas mal de monde, les potes, les ex-copines, le papa et la maman, le pilote d'hélico, même le légiste qui a dû examiner les ossements qu'on a ressorti du ventre de l'ours... Il a fait ça bien.
Pépé Werner tente de comprendre l'homme, et jamais la bête, qui n'est à ses yeux que machine. Il s'y fait Maître de Cérémonie de rushes tournés par le héros tragique, laissés en témoignage derrière lui. Il ne se gêne jamais pour modeler le réel à son bon vouloir, because cinéma, et ne se limite pas dans le théâtral, se qui fait aussi tout le sel de son film par rapport à un documentaire lambda. Herzog s'arrange avec l'objectivité quand il faut, en ménageant quelques regards contradictoires, ce qui est toujours bon à prendre, mais reste en même temps dix millions de fois plus subjectif que le serait un boulet comme Yann Arthus.
Beau et hautement impur. Je dois avouer que ce que j'ai préféré, ce sont peut-être - plus que l'attachant et narcissique héros, plus que cette odeur tenace de mascarade et de mythomanie, plus que le délice coupable de sentir le méticuleux travail de manipulation d'un type ayant fait main basse sur le journal intime d'un autre type, avec le minimum syndical de respect - les incursions tantôt glaciales tantôt exaltées du vieux Herzog en voix off, et aussi dans le champ, notamment quand il interview les ex-femmes du regretté en surlignant le pathos au gros feutre... on peut donc lui trouver au moins deux points communs avec Delarue.
mardi 8 février 2011
Darkness (Jaume Balagueró, 2002) / Los Sin Nombre (Jaume Balagueró, 1999)
Le Darkness du très attachant Balaguero est un bon gros nanar à peine déguisé en summum de la terreur pure (la scène du découpage de patates hystérique symbolise très bien tout ça), qui pille maladroitement Shining en ayant à peine le niveau d'un fond de tiroir de la vague asiatique des "films de fantôme". Je sais pas ce qui m'avait laissé une impression plutôt positive la première fois que je l'ai vu (bien que j'aie déjà senti un potentiel involontairement comique assez poussé), peut être les seuls trucs vraiment bien foutus : le travail assez énorme sur le son et les ombres & lumières, et l'idée du tableau avec les trois vieilles (les bigoudènes de la pub Tipiak sans leurs coiffes ?) qui sont vraiment le seul truc inquiétant. Le père est grotesque, la mère insupportable, le gosse interchangeable avec n'importe quel mouflet des garderies spielbergiennes, et la jeune ado un sosie tiédasse de Jennifer jason leigh période JF partage appartement...
On est très en dessous de la Secte sans nom (Los Sin Nombre/The Nameless) que j'ai revu dans la foulée, et qui malgré ses longueurs reste une des tentatives du genre les plus glauques : le concept du "mal absolu" ou de "l'ultra-evil sub-satanique pur à 100%", qui a toujours été le crédo du très naïf et attachant Jaume, y était bien mieux (et bien plus sournoisement) exploité, et l'ambiance laissait vraiment une sale odeur derrière elle, longtemps après le générique. Le tout baignait comme Darkness dans un occultisme de série B, avec des méchants qui une fois décrassés de leur attirail "réseau pédophile / secte nazie" auraient fortement ressemblé à ceux des albums de Tintin, mais quelque chose de vraiment dégueulasse s'y tramait., on se laissait prendre, on y croyait. Si la conclusion de chacun des deux films se vaut question "sombritude" ou "evilness", leurs deux génériques respectifs, très semblables dans la forme mais pas du tout dans l'effet qu'ils produisent, traduisent bien le gouffre qui les sépare : celui de The Nameless frôlait dangereusement avec le cliché fatiguant du générique à 'flashs chocs fragmenté' (ou FCF) en restant terriblement malsain, celui de Darkness plonge les deux pieds dedans.
dimanche 30 janvier 2011
A l'Origine (Xavier Giannoli, 2009)
De toute façon c'est bien fait pour ma gueule... M'enfin, qu'est-ce qui m'a pris de voir un film avec François Cluzet ? J'ai dû avoir le lointain (mais tenace) souvenir de sa prestation de jaloux névrosé dans l'Enfer de Chabrol, ça doit être ça... non pas que j'aie en horreur le brave François, mais on ne peut pas dire qu'il soit le dernier dans le genre acteur-indicatif "film français bon chic bon genre qui va te laisser un arrière-goût d'endive cuite et te faire perdre 90 minutes de ton existence".
Je ne me fatiguerais pas à vous faire une description minutieuse d'A l'Origine (je risquerai de finir comme François, plus las de la vie que le plus las des koalas). Disons simplement pour être le plus fidèle possible à la réalité qu'il s'agit d'un sempiternétunième fantasme auteurisant bien de chez nous sur l'ambiguïté de l'humain, des rapports humains, de ce qui nous lie et nous délie, de nos failles et de nos forces qui peuvent parfois se confondre lorsqu'alors de cet acte absurde et destructeur autant que salvateur jailli la beauté la plus pure... Alors, " héros ou escroc " ? En voilà une question qu'on s'en fout. Les dix premières minutes sont pourtant pas catastrophiques, nous mettant le groin dans le pédiluve de ce quotidien morne et déprimant sans aucune forme de préambule présentatif. Mais ça se gâte très vite, et plus ça avance moins y croit...
"J'en ai marre ! J'en ai maaaarre putain ! Bweuheuheuh... j'suis foutu tu comprends ! j'suis allé jusqu'au bout de mon trip, laisse-moi brave ouvrier, laisse-moi m'enfoncer dans les tréfonds boueux du désespoir et de la désespérance... je dois en finir... seule compte la dernière image que l'humanité aura de moi... it doesn't matter if WE ALL DIE..."
"Non, ne dites pas ça Monsieur François ! c'est juste de la terre, ça se lave !"
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Si les seconds rôles sont tous assurés sans les excès de jeu typiquement franchouillards qu'on peut craindre autant qu'espérer (tout le monde incarne parfaitement son personnage, avec une crédibilité et un naturel de chaque instant), on pouffe gras devant la représentation sociale à gros sabots, sorte de parodie d'un mauvais Ken Loach, dans laquelle les cas sociaux, cons et naïfs, mal fringués et fumant du shit devant TF1 (j'exagère un peu, en fait ça ne concerne qu'une très courte scène - mais ô combien tâche), croient à un miracle et se confient tout entiers dans les mains du messie providentiel qui leur délivrera un smic non moins providentiel - un messie qui a pourtant l'air dès le début aussi enthousiaste et pétant d'entrain qu'un suicidaire endeuillé sans domicile fixe venant de subir une quadruple ablation des bourses. Ils auraient mis à la place de François le gars qui a joué Ian Curtis dans Control, ça aurait pas été mieux foiré. L'un de nos prolos-disciples, un peu moins con et naïf que le reste de la meute, va pourtant créer une nuance, résumant finement la pensée hautement philosphique du réal : "au moins on aura vécu quelque chose même si c'est pour de faux" - ou quelque chose dans ce goût là. La maire du village et amante du escroc-héros, en revanche, tombera des nues découvrant la supercherie, aveuglée par son amour sans doute... il faut dire qu'avec un homme aussi lumineux que ce brave François, aussi...
Là où reprendre les faits tels quels (parce que c'est une histoire vraie, j'ai oublié de préciser - comme je vous l'ai dit au début, je l'avais cherché) aurait été bien plus efficace (le mythomane en question a simplement débuté un demi-mètre de chantier et non un pan de route complet - avec une petite dizaine d'ouvriers) ; le réal préfère s'enfoncer dans ce délire mollasson et guère captivant, vu que le chantier en question on voit pas très bien à quoi ça ressemble au final, et comment les gars ils progressent, trop confus, trop flou (ok au début y a de la terre et après on voit du bitume et des beaux lampions, mais ça fait pas tout), à moins que ça ne soit précisément ce qui fait l'originalité du délire, cette course effrénée vers l'inutile, le travail vers le rien... c'est d'un chiant peu commun, de toutes les façons. Ajoutons à ce tiède constat une partition post rock fort soyeuse totalement dans le vent, Depardieu en truand sensé symboliser la culpabilité de notre héros, fantasmé ou réel (façon Clare Quilty du pauvre), arrivant et repartant comme un pet, et vous obtenez une bien beau petit film français à usage unique, finissant à coups de tombereau dans le bon sentiment le plus soluble.
"oui... et si finalement c'était ça, le but ultime... aller jusqu'au bout même si ça ne rime à rien ! pour la beauté du geste ! car tout à commencé... et tout doit finir... ah, me voilà ragaillardi ! à moi, gloire et postérité !"
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Emmanuelle Devos, toujours entre grâce naturelle et ragnagna florentin (pas le gâteau, le cours) selon l'angle, est peut-être la seule à donner un semblant d'intérêt, d'étrangeté à ce sémillant naufrage, et j'ai peut-être découvert quelque chose de plus sur son charme nauséabond, sans savoir quoi. Serai-je bientôt en mesure de mettre un mot décisif sur ce "1 quart d'érection 1 quart de répulsion 1 quart de pitié 1 quart d'indifférence" qui la caractérisent plus que toute autre actrice ? Un jour, qui sait - et alors je saurai peut-être ce qui se trame derrière l'ingénieuse ingratitude et le familier inexplicable de ce visage et de cette voix, m'évoquant le tripotage fébrile de la gentille godiche de la classe dans un des placards à balai de la Sorbonne.vendredi 17 décembre 2010
Comme dans mon souvenir TV ou un WTF? imaginaire restait inscrit sur l'écran : concentré de pognon claqué en FX/bagnoles/fringues/pyrotechnie et de mauvais goût totalement assumé sur fond de sketche ininterrompu des 2 renois, sur un vague fond de début d'entame de démo de scénario en état de préprépré-production. dont on se fout royalement.. bref tout ce que les Taxi de besson auront essayé de faire chez nous en vain. Michael Bay se fait plaiz sur du gros matos, après avoir tout assimilé de la merde US (alors) récente comme la grosse poubelle-container chromée de producteur qu'il est, de Fight Club au générique aux poses too much de Rodriguez sur Desperados 2, à Matrix, inévitable, jusqu'à semble-t-il les produits les + osés de Besson himself... il balance une scène de course-poursuite tout de même imparable d'efficacité (pour les beaufs que ça intéresse, aimer les courses-poursuites c'est comme aimer les solos dans le heavy-metal, naturel; j'ai une affiche Bullitt dans ma piaule). Et puis l'humour, même si en roue libre, marche mieux que dans le 1 (qui était de toutes les manières pas bien folichon), limite surréaliste par moments tellement ça lorgne vers le n'importe quoi. La fin torchée comme un cochon ne ressemble à rien, vu que ça tombe comme un cheveu de Rambo sur la soupe de buddy movie décontracté du jonc in LA, et le méchant number one a aucun charisme, on lui aurait préféré le number two (Peter Stormare NE PEUT PAS décevoir !) ou pourquoi pas un ptit Tcheky Karyo qui aurait donné un peu de corps à tout ça, voilà pour les regrets. Tout ça, avec des chutes d'instrus pour Ludacris en guise de bande-son, donne de sérieux maux de ventre, mais quelque chose en nous, comme un organe secret (qu'on nommera le burgercréas ou le cocoeurcola), ronronne de plaisir...
Une sorte de totem hollywoodien érigé à la gloire de tout ce que le "ricain" a de plus criard et abrutissant pour nous autres pauvres européens. Un concept jamais poussé aussi loin sur pellicule (du moins avant les Hypertension). Assez de matière pour 3 ou 4 thèses bien tassées.
lundi 15 novembre 2010
Boogeyman (Stpehen T. Kay, 2005)
Il y a pire que les salmigondis nippons de la vague 'fillette fantôme' qu'on a pu souffrir et leurs remakes souvent moins pénibles (puisqu'il est impossible de faire plus con et anti-effrayant la plupart du temps, les asiatiques sont parfois les meilleurs du coup on en oublie qu'ils peuvent souvent être les pires) : il y a ceux qui sont produits par Sam Raimi, et si ce n'est pas lui qui y croit dur comme fer (le père de Darkman et Ash se fera à moitié pardonner ce parrainage ivrogne en pondant le mignonnet Drag me to hell) ce sont du moins ses ouailles quand ce n'est pas sa famille (car Raimi en a trouvé une depuis, suivez un peu), donc c'est de sa faute au vieux !... ces films disais-je donc, qui vous déroulent une heure durant et à coups de flashs fantomatiques re et re-recyclés par tous les cyclistes reconvertis en cinéastes depuis la plus lointaine et antique mythologie Chair de poule et Fais-moi peur, les vas-et-viens dans une maison hantée piquée aux pires bouses du genre (type Hantise) d'un grand con trouillard faisant la mine du chat qui chie des pointes, et vous donnant l'envie irrésistible de lui crier d'aller se pendre toutes les dix secondes à son velux - hypothétique - tant ce faciès agaçant titille l'insoutenable, ces films, oui ces films mes chers tontons et tontines et lecteurs assidus, qui vous offrent en guise de final révélateur du fameux croque-mitaine une sorte de rip-off des combats du Cobaye avec un déchet pixelisé sorti du cul des sessions-test - hypothétiques elles aussi - de I Am Legend sur le V-Tech de la cousine du copain du voisin au technicien-photo stagiaire, celui qui mangeait des marshmallow en cachette dans la loge de Golum pendant le tournage de Narnia, précisément !
Seulement on s'est déjà transformé en gelée anglaise avant, c'qui ne nous empêche pô malgré nos doigts de flan translucide peu pratiques à utiliser de faire un 'fuck' bien gras à ces empotés qui auraient pour le coup dû en rester au strict nécessaire - pour tenter de créer ne serait-ce que l'étincelle d'un frisson de lapin nain - soit une certaine nouvelle au titre identique du peu nouveau King. Un Stephen, lui aussi.
Seulement on s'est déjà transformé en gelée anglaise avant, c'qui ne nous empêche pô malgré nos doigts de flan translucide peu pratiques à utiliser de faire un 'fuck' bien gras à ces empotés qui auraient pour le coup dû en rester au strict nécessaire - pour tenter de créer ne serait-ce que l'étincelle d'un frisson de lapin nain - soit une certaine nouvelle au titre identique du peu nouveau King. Un Stephen, lui aussi.
De la merde misérable, comme la barquette de LU sans chocolat.
PS : mais j'ai vu encore plus navrant récemment figurez-vous, et ça s'appelle The Descent Part 2.
dimanche 19 septembre 2010
2012 (Roland Emmerich, 2009)
Pas aussi con que je m'y attendais - donc décevant. Pas aussi laid que je m'y attendais - donc décevant. On a bien sûr l'habituel lot d'abrutis illuminés, les seconds rôles purulents de vulgarité chers à Emmerich (ici un gros porc de milliardaire russe et Woody "Mickey Knox" Harrelson en hippie annonciateur de l'apocalypse), on a bien sûr le bon dosage de larmoiements tellement poussifs qu'on en sentirait presque l'odeur, mais la sauce est fade, le beauf manque cruellement de relief, de saveur, de punch - et Cusack reste une véritable quiche, mmmmh... moi je vous le dis mes agneaux c'est bien simple : cet acteur - dont les sourcils et les expressions semi-ahuries semi-risotto justifient pleinement l'existence des mots 'génocide', 'holocauste', et 'défiguration par l'acide' - me rend à chacune de ses apparitions tendre et compréhensif à l'encontre de Hugh Grant et Vincent Cassel.
Ça, ça s'appelle une insulte pachydermique.
Ça, ça s'appelle une insulte pachydermique.
Pachydermique aussi, ce titre soit-disant blagueur placardé en 4 caractères massifs semblant vouloir nous piétiner les mirettes - mais révélateur, par sa sobriété faussement monolithique en vérité, du manque d'imagination de notre teuton mégalo chéri (ou mégalo teuton chéri, ça marche aussi). Moins impressionnant que Godzindependance Day, malgré des scènes d'explosions outre-nimpesque et de sympatoches tours de grand-huit à travers monts et buildings en état de désintégration imminente (on en profitera évidemment qu'à condition d'avoir un écran de taille idoine), moins pharaonique que Stargate (c'est pas une question de teneur en pharaons, non), moins avalanchesque que The Day After, tout ça est en réalité un condensé très lisse de ce que ce brave Roland sait faire avec son pognon: démolir des villes, ratiboiser des montagnes, faire jouir les océans à coup de tsunamis plus grands que ma bitte au repos - et préserver tant que faire se peut dans ce gros bordel les gentils toutous, car le chien est le meilleur ami de l'homme m'a-t-on dit quand j'étais petit... En fait, même niveau FX et action c'est pas terrible : une fois passés les séismes et volcans tout ça est bien pépère, et Quiche Cusack se fait même voler la vedette (qu'on imagine sans peine du genre à amarrer plus prêt des sorties d'égout que de StTrop) par sa gamine, pas la vraie hein celle du film, plus insupportable que les chiardes de Spielberg, une de ces crevettes couineuses chères à Hollywood dont le potentiel à générer des pulsions infanticides semble intarissable - quelques mantras de mésange ébouillantée par de l'huile à friteuse auront fini de m'achever dans ma terrible et implacable certitude : mon bon Roland, tu ramollis sérieusement du gland.
mercredi 30 juin 2010
Ce qui est bien quand on a la motivation d'un aveugle unijambiste en pleine canicule au pied du Mont St-Michel au sommet duquel il doit récupérer ses béquilles et son chien...
...c'est les camarades.
Et celui-ci a des choses intéressantes à vous raconter, je crois.
En plus c'est une star du webzinat (dont il a gardé un tic, vous verrez à la fin de l'artic).
Il aime les Beatles, Final Fantasy VII et la musique de Final Fantasy VII, les vieux disques ringards qu'on met une aiguille dessus et qu'on est obligé de retourner quand on arrive au milieu (et qui sentent le vieux), cuisiner les pâtes aux tomates séchées & parmesan tout nu sous son tablier, les manger devant des clips de Die Antwoord, il n'aime pas entendre le mot " hype " et déteste la pochette du dernier Deftones. Et il a occasionnellement des goûts d'un goût exquis, comme prouvé ci-dessous.
Son baratin sur l'un des grands oeuvres de Big John pourrait presque être de moi (tant je suis fan d'oncle Carpy... et tant c'est bien écrit).
J'n'en dis pas plus et vous laisse prendre note, mes agneaux...
They Live (John Carpenter, 1988)
" Vraiment un film à l’ancienne, de la génération d’avant les films d’action de mon enfance 90’s (88), l’action est bien lente, la musique poisseuse, l’aspect général un peu série B (les habits des personnages sont d’une nullité qui rend le film juste top crédible dans sa dépiction de l’amérique des losers working class). L’idée du film est vraiment géniale (le coup des lunettes) mais là ou le spectateur moderne s’attend à un twist final avec explication freudienne à la clé (en fait, le héros avait des hallus ! ah ouais, super), ben non, il crève juste dans un ultime geste héroïque pour mettre la pine au monde Orwellien qu’est devenue l’amérique reaganienne. L’acteur, illustre inconnu comme tous les autres du film, se paie le luxe d’être un croisement entre MacGyver (mulet fresh fresh inclus) et Stalone, et authentique catcheur avec ça (ce qui donne lieu à la plus longue scène de street fighting one-to-one de l’histoire du cinéma) ! Totalement premier degré et bonnard, le genre d’acteur qui ferait passer Van Damme pour un homosexuel maniaco-depressif et Chuck Norris pour un dangereux hippie au jeu de jambe asiatophile plus que douteux… Sa foi en l’amérique relevant limite de l’ingénuité totale au début du film ne fait que rendre plus crédible son soudain pétage de cable, pour un scénario qui se barre totalement en couille, rappelant limite FF7 lors de la 2ème moitié du film (le QG des méchants en forme de Tour Shinra, le trip envahisseurs qui parasitent la terre, le héros blond mercenaire sans passé seul contre tous)… Le meilleur restant peut etre le côté benet américain totalement assumé, avec pas mal de répliques et scènes cultes quand le héros commence à mettre les lunettes (dont une scène de braquage de banque juste hilarante). On peut penser que Carpenter a pioché un peu chez Terminator, mais son film pousse nettement plus à la reflexion…
Chose troublante, dans les bonus du film, le Carpenter des années 2000 confesse être un capitaliste patenté, ce qui va clairement à l’encontre du message de son film, pourtant délivré sans ambiguité aucune… Il suffit de creuser un tout petit peu plus et de regarder le documentaire + long consacré au réalisateur pour comprendre : Carpenter explore le thème du Mal, il est donc logique qu’il kiffe Hollywood et le fric tout en les dénonçant clairement dans son cinema qui est un véritable cri pour réveiller la mentalité américaine, individualiste et lâche. Aujourd’hui, il semble avoir quelque peu renoncé, ce qu’il explique avec une franchise désarmante à peu près en ces termes : « à l’époque de They Live, j’étais en colère contre le patriotisme guerrier de Reagan, ma génération avait espéré mieux dans les années 60/70, on était idéalistes, on voulait changer le monde (par la musique)… Puis dans les 90’s, toute ma génération a lamentablement foiré, on a tous vendu nos idéaux et on est tous devenus de bons capitalistes, reniant notre passé. Mais moi je ne le renie pas. D’ailleurs, je pense que les jeunes devraient nous botter le cul fissa pour qu’on crève et qu’ils ne refassent pas toutes nos erreurs, qui nous ont amené à cette société qui n’a qu’une seule obsession qui la bouffe de l’intérieur ». Voilà en gros l’effet que m’a fait son interview. On sent le mec d’une lucidité à toute épreuve, y compris face à sa propre « lâcheté », et bien des cinéastes chers à notre intelligentsia européenne ferait bien d’en prendre de la graine, eux qui entretiennent le pseudo-mystère et le culte de la forme pour cacher leur absence cruelle de fond. Carpenter filme les humains en proie à la panique et face à la réalité dans toute son horreur, mais n’a pas besoin d’un pavillon cossu de bourgeois parisiens pour oser le montrer… Ce qu’il montre n’a jamais eu besoin d’être caché, c’est le courage pour le voir qui est difficile et rare.
Chose troublante, dans les bonus du film, le Carpenter des années 2000 confesse être un capitaliste patenté, ce qui va clairement à l’encontre du message de son film, pourtant délivré sans ambiguité aucune… Il suffit de creuser un tout petit peu plus et de regarder le documentaire + long consacré au réalisateur pour comprendre : Carpenter explore le thème du Mal, il est donc logique qu’il kiffe Hollywood et le fric tout en les dénonçant clairement dans son cinema qui est un véritable cri pour réveiller la mentalité américaine, individualiste et lâche. Aujourd’hui, il semble avoir quelque peu renoncé, ce qu’il explique avec une franchise désarmante à peu près en ces termes : « à l’époque de They Live, j’étais en colère contre le patriotisme guerrier de Reagan, ma génération avait espéré mieux dans les années 60/70, on était idéalistes, on voulait changer le monde (par la musique)… Puis dans les 90’s, toute ma génération a lamentablement foiré, on a tous vendu nos idéaux et on est tous devenus de bons capitalistes, reniant notre passé. Mais moi je ne le renie pas. D’ailleurs, je pense que les jeunes devraient nous botter le cul fissa pour qu’on crève et qu’ils ne refassent pas toutes nos erreurs, qui nous ont amené à cette société qui n’a qu’une seule obsession qui la bouffe de l’intérieur ». Voilà en gros l’effet que m’a fait son interview. On sent le mec d’une lucidité à toute épreuve, y compris face à sa propre « lâcheté », et bien des cinéastes chers à notre intelligentsia européenne ferait bien d’en prendre de la graine, eux qui entretiennent le pseudo-mystère et le culte de la forme pour cacher leur absence cruelle de fond. Carpenter filme les humains en proie à la panique et face à la réalité dans toute son horreur, mais n’a pas besoin d’un pavillon cossu de bourgeois parisiens pour oser le montrer… Ce qu’il montre n’a jamais eu besoin d’être caché, c’est le courage pour le voir qui est difficile et rare.
5/6 "
signé Dariev Stands
mercredi 19 mai 2010
Society (Brian Yuzna, 1989)
Chez l'Oncle Brian, horreur rime avec malsain, dans un écrin de cellophane, toujours. L'horreur dans l'habit du commun livide et ordinaire, celle qui surgit comme un lardon faisandé dans une atmosphère de fadasse guimauve à la Melrose Place.
Ceux qui comme votre humble serviteur furent quelques peu choqués à la vue du Dentiste et de ses scènes farouchement gore paumées dans un trip nauséeux entre le soft porn et le psychosocial US de plus bas étage, ceux qui préfèrent Bride of Re-Animator au premier, ceux-là savent sans doute déjà de quoi je parle. Les autres peuvent continuer à lire, mais ils devront d'abord aller acheter un plat de lasagnes Tricatel micro-ondables et m'ingurgiter ça à même le clavier (tout en lisant, ça coule de sauce).
Je reprends : même si Yuzna (un patronyme aussi laid que ses films, vraiment) n'avait pas de style quand y'a pas de sang à l'écran ou un truc crade à se mettre sous la dent, il assurait le spectacle imaginatif quand il s'agissait de laisser les choses partir en testicule. Yuzna, c'est un peu ça : une esthétique de téléfilm M6, des acteurs de téléfilm M6, mais quand il veut poser de la scène choc qui défouraille mémé, il sait faire le Brian, et son Society à l'affiche ragoutante s'inscrit complètement dans la logique de ce feeling de salopard imprévisible, à savoir qu'il se passe rien ou à peu près rien. Exit l'analyse méticuleuse du background subversif qui contribuera entre autres éléments anecdotiques à conférer à Brian sa réputation usurpée d'auteur "B" sous-estimé, gnagna, en gros le concept se limite à une énième variante paranoïde des Profanateurs de Sépultures, à savoir "ils sont parmis nous et y'a que moi qui sait" dans laquelle le show-business et les politiques et tous les richards sont en fait une gigantesque secte d'aliens organisant des partouzes et des sacrifices rituels dans leurs manoirs (et juifs, l'étoile de David en douce, tu croyais que ça se verrait pas hein mon Brian, subtil salaud va) - passons au synopsis tant attendu si vous le voulez bien.
Un jeune trou du cul des classes favorisées de Beverly Hills (incarné par une futur star d'Alerte à Malibu, ça s'invente pas) zone dans le quartier de la belle famille en ayant de plus en plus la sensation que les gens qu'il côtoie, jusqu'à ses darons, sont pas très très normaux, que la soeurette à l'air d'être une belle petite catin tordue qui se fait enfiler en douce par le paternel ; tout cette partie enquête et mystères mystérieux dans la jet society se déroulant sans qu'il se passe rien sinon quelques visions paranoïaques à base de limaces et de contorsionnistes, et la présence d'une grosse dame mangeuse de cheveux, probablement sortie d'une pochette de Supertramp, dirons-nous pour orner d'un peu de culture ce sobre compte-rendu.
Un jeune trou du cul des classes favorisées de Beverly Hills (incarné par une futur star d'Alerte à Malibu, ça s'invente pas) zone dans le quartier de la belle famille en ayant de plus en plus la sensation que les gens qu'il côtoie, jusqu'à ses darons, sont pas très très normaux, que la soeurette à l'air d'être une belle petite catin tordue qui se fait enfiler en douce par le paternel ; tout cette partie enquête et mystères mystérieux dans la jet society se déroulant sans qu'il se passe rien sinon quelques visions paranoïaques à base de limaces et de contorsionnistes, et la présence d'une grosse dame mangeuse de cheveux, probablement sortie d'une pochette de Supertramp, dirons-nous pour orner d'un peu de culture ce sobre compte-rendu.
Et puis enfin, après une heure et quelques de pas grand chose (avec quand même une bande-son toute en synthés cotonneux à la 9 semaines et demi, fort adéquats), le miracle tant espéré arrive alors qu'on ne l'attendait plus, dans d'ultimes minutes au parfum d'ultime - qui m'auraient inspiré bien plus que cette minable antanaclase si je n'étais pas épuisé de ricanements spasmodiques m'empêchant toute tentative de fluidité et de clarté textuelle à la simple pensée de ces images... (reprend sa respiration et lance le bousin)
Pssssshiiiiiuuut ! on ouvre grand les vannes du n'importe quoi, dans une partouze orgiaque de mutants cousins illégitimes de la Chose de Papy Carpenter, où les têtes et les, euh, membres, se mélangent gaiement, où un avant-bras extensible va s'infiltrer profond dans le colon de la victime et la main intrusive ressurgir par sa bouche avant de lui crever les yeux avec l'index et le majeur comme qui rigole, tout ça en gardant le cigare au bec dans une pose à la Churchill, et tout ce beau monde baisant et léchant l'huile de colza sur les corps difformes recouvert d'FX gores à base de lasagnes et de peau de poulet tex-mex enduite de saindoux, le tout au travers du filtre rouge AOC toujours efficace quand il s'agit de donner du piquant à l'insalubre et au poisseux. Bref, des histoires de cuisine en huit-clos. Et rien que pour ça, on tire son chapeau en peau de couilles de foetus au Screaming Mad Georges, l'artisan des maquillages, et son sens inné du visqueux plus visqueux que le visqueux.
Mmmh. Bon.
Ces menues broutilles évacuées, passons à l'essentiel si vous le voulez bien :
LA TÊTE DE CUL
Et là, je dis attention.
Je dis danger.
Je dis coup-fourré et manigances.
Je dis bad joke de très très bad taste.
Je dis mon Brian, petit cachotier !
Je dis qu'il va falloir faire le 3615 Claude Corti, dare-dare...
Je dis surtout qu'on m'avait pas prévenu, moi, quand j'ai acheté le DVD pour une misère croyant tomber sur de l'horreur flippée bien traumatisante. Les jeunes ont le droit de savoir, merde ! Enfin merde... j'me comprends. Mais MERDE ! Si j'avais eu la force de rire, j'en aurais pété, et ça m'aurait fait la semaine. Mais j'ai été scotché, bouche et tous orifices bés (le masculin de bée, jdis ça parce que mon correcteur d'orthographe ne l'accepte pas... mais on l'encule) - proprement scotché ! Voyez-vous, c'est typiquement ce genre d'heureuses surprises qui me feront toujours claquer un peu de mon oseille dans des séries B ou Z dont personne ne veut sinon les geeks demeurés de chez Mad Movies (pour qui j'ai toujours du respect croyez-le bien, vu que je suis comme ces joyeux abrutis à peu de choses près, l'équivalent cinéphile du fan de death metal régressif en quelque sorte), ce genre de révélations picturales qui m'ont appris que la mère de Forest avait presque raison, parce que la vie, c'est comme une boîte de crottes en chocolat.
Je dis qu'on aurait pas du me prévenir, en fait, sinon l'effet aurait été neutralisé.
Je dis qu'on aurait pas du me prévenir, en fait, sinon l'effet aurait été neutralisé.
Et je me souviens d'une de mes madeleines de Proust (ou plutôt d'un de mes ravioli de Proust, ça colle mieux - et littéralement aussi, tiens ! et pourquoi pas Marcel PROUT, tiens) c'est à dire des vieux Newlook que je chouravais au paternel dans sa penderie (le vieux poussait au vice : ses chaussettes étaient mieux cachées), ceux dont les pages les plus intéressantes étaient collées entre elles par ce que j'imaginais en bon pré-pubère naïf d'alors être de la colle Cléopâtre (celle qu'on sniffait ou mangeait en maternelle), ces collants Newlook donc, disais-je, qui étaient ornés - ce qui m'intéressait alors le + - de plantureuses salopes, et entre deux romans-photos de Lova Moor et une interview de Vanessa Demouy, j'y avais entraperçu d'horribles trombines - celles des films de Clive Barker et ses galleries de freaks en latex, et surtout les immondes jet-setters mutants en peau de lasagne du père Brian ; et jme suis toujours fantasmé des choses abjectes, malsaines, le genre de truc qui me salirait la tête s'tu vois cque je veux dire moussaillon... et j'avais raison sur toute la ligne, sauf que je me serais jamais douté qu'il existait aussi une face de fion, une vraie, qui parle et qui gigote !
C'est vrai qu'on en apprend tous les jours, nom d'un rectum farci.
En espérant que tout ce vocabulaire culinaire vous aie donné grand faim, mes perdrix chéries...
samedi 15 mai 2010
Event Horizon (Paul W.S. Anderson, 1997)
Entre vous et moi, pourquoi se casser le cul à décrire un nanar aussi cosmique et culte sur un blog aussi soyeux, quand on le fait mieux que vous ailleurs, en résumant tout ce qu'on en a pensé d'une manière on n'peut plus fluide ?
http://www.lumiere.org/films/event-horizon.html
Je vous le demande ma bonne dame !
jeudi 13 mai 2010
Orphans (Peter Mullan, 1997)
Pour ceux qui auraient raté le meilleur film de Danny Boyle, Peter Mullan c'est le truand de Petits Meurtres Entre Amis qui torture des innocents en les enfermant dans un congélo ou en les noyant dans une baignoire, avant de maugréer un truc genre "enculé de sa race" un fois le quidam sus-cité canné dans son bouillon. Bref le genre de tronche qu'on oublie pas facilement.
C'est aussi le gars qui a fait Orphans, un genre de comédie noire bien terne et amère comme seuls les écossais et les angliches peuvent en pondre, délestée de toute inoffensive subversion façon US, juste cruelle. Et d'une singulière laideur, comme Glasgow qui lui sert de décor, paraît même qu'on a fait difficilement plus représentatif dans le langage et l'atmosphère selon les gens du cru. Enfin tout ce beau speech est torché sur base de souvenirs qui commencent à dater, ptetre qu'en le revoyant d'un oeil moins impressionnable qu'alors je me dirais que j'ai encore exagéré, ou ptetre pas, mais j'me souviens bien assez de cette galerie de losers patentés et de l'ambiance morne à la Bloody Angels (un autre truc insalubre à matter si vous l'avez toujours pas fait), pour pas avoir spécialement envie de le revoir. De ces scènes peu orthodoxes entre les zonages parallèles de la petite famille, du portrait façon chronique de Ken Loach frelatée des classes sociales défavorisées bougonnant dans leur crasse au milieu de leurs briques rouges, des symboliques religieuses pesantes disséminées ça et là, de l'acteur tristouille qui jouait le padre de Billy Eliott, sorte de Ed Harris à la bouille anxieuse, qui traîne ses guêtres au milieu et veille dévotement sur la dépouille de sa mater, et de son frangin, sorte de jeune sociopathe à coupe sixties en plein deuil qui se fait chambrer par des poivrots avant d'aller maugréer dans les chiottes du bar en mûrissant une vengeance au fusil ou genre, bref le style d'humour noir plutôt gris qui fait pas vraiment rire voire pas de trop ou pas du tout, et qui te laisse comme un vieux gout âcre au coin du palais, un peu comme Shallow Grave finalement, ouais, le genre de film qu'on présente comme "désopilant" sur les affiches, ou quand on l'a jamais vu et qu'on s'est fié aux retours des spectateurs d'outre-manche, qui n'ont pas vraiment la même notion de l'humour que nous autres sympathiques grenouilles c'est le moins qu'on puisse dire.
Pour l'info pratique inutile, le DVD se trouvait facilement pour le prix d'un paquet de 10 quand ça existait encore, dans n'importe quelle grande surface miteuse.
mercredi 12 mai 2010
Halloween II (Rob Zombie, 2009)
La première chose qu'il faut signaler au cas où certains se poseraient encore la question : Rob Zombie est le chanteur de White Zombie. Rob Zombie est un fan d'horreur bis. Rob Zombie est le fils illégitime d'Alice Cooper et de Al Jourgensen. Rob Zombie n'est pas - et ne sera probablement jamais - un réalisateur. Même s'il a été capable de pondre deux films sympathiques, ce mec ne sait pas filmer, a les plus grandes peines du monde à créer une atmosphère, et n'a probablement jamais lu la définition des mots "homogénéité" et "post-production" dans un dictionnaire.
Et H2 est son plus mauvais film à ce jour. J'ai été aguiché par l'affiche très cool - j'ai fait l'erreur monumentale de croire que mes 20 reu seraient amortis. C'est un gros torchon. Un torchon intéressant, parfois singulier, souvent punk et totalement en roues libres, mais un torchon quand même. Il paraît que le director's Cut est encore pire que la version que j'ai vue. C'est sans doute vrai, même si j'ai du mal à le croire.
J'avais vu d'un oeil peut-être trop tolérant le premier remake de cousin Zombie, malgré le fait que je sois un die hard fan de l'original car comme tous les fans je l'ai vu avant d'avoir 12 ans, j'ai toujours été partisan des remakes qui proposent autre chose, malgré tous les défauts, l'incapacité totale de ce mec à créer une seule vraie scène, le montage calamiteux, McDowell trop peu mis en avant, Myers interprété par un des frères Hanson en pleine période Slipknot... tout ou presque jouait en sa défaveur, et pourtant, j'avais salué l'audace du gros Rob a vouloir comme qui dirait intégrer à son univers rock'n'horror le mythe sobre et opaque créé bien malgré lui par l'Oncle John, en se foutant de savoir si ça plairait ou non aux amateurs du standard carpenterien, et en faisant mouche sur quelques scènes perdue dans un gloubi-boulga informe et aussi assuré dans sa démarche que les pas d'un parkinsonien sur un tapis de jogging en position turbo. Mais en voyant cette suite, je me suis dit que Rob y gagnerait beaucoup à continuer sur la lancée des Devil's Rejects au lieu de croire qu'il peut réussir à refaire Halloween, parce qu'il fait juste n'importe quoi, et que ça ressemble à rien. Il s'agit pas de remake, mais d'un délire perso déguisé en remake ; et même si tout ça prête à consternation, mes chers lecteurs et agneaux chéris, on peut se consoler en se disant que ça reste personnel, et ma foi assez orginal, même si encore plus mal fichu et mal filmé que le premier.
Cette suite, Zombie n'en voulait pas, mais on lui a gentiment demandé. Il l'a donc joué bâclage, a improvisé à mort sur le terrain, et quand on voit la tronche de sa bouillie de drogué, on comprend un peu mieux. Résulte un faux-remake pataud et brouillon, avec ses acteurs rock'n'roll à sale gueule typique en second rôle, parfaitement incongrus, que ce soit les adolescentes sans doute péchos dans son tas de groupies (mon dieu cette Laurie Strode ! On dirait ma soeur à un concert de Tryo, putain de merde), ou le shériff qui aurait plutôt sa place dans le rôle d'un fermier consanguin, niveau casting, le film évoque plus Sheitan que Texas Chainsaw, et qu'importe la présence d'un sosie néanderthalien de Nick Cave très karacho, c'est franchement désagréable à voir. On passera sur la teuf gogoth qui vient comme un poil pubien sur la soupe aux potiron, en constatant juste que le gros Rob n'a manifestement plus rien à cirer du mythe ténébreux et va jusqu'à faire de notre Mike un grand clodo barbu à la Moondog (là j'avoue que j'ai eu du mal à digérer, quand même, même si c'est furtif et que j'exagère pour la longueur de barbe) quand il ne lui met pas une capuche de kaïra sur la tête du plus pathétique effet, et, gros gros point faible dans le tas de points faibles, mais sur lequel seuls les amateurs acquiesceront : il lui fait pousser des grognements de boeuf à chaque fois qu'il plante ses victimes - et ça, c'est vraiment craignos.
Quid des points positifs ? D'abord, le côté rien à foutre qui apporte paradoxalement un charme façon "crotte-de-nez à la face du culte" par petites phrases gentiment démythifiantes ("Mike Myers ? Vous parlez du gars qui joue dans Austin Powers ?", ça j'ai bien aimé) avec sur la fin une tentative de scène tragique maladroite mais presque réussie quand le shériff découvre sa fille deader than dead dans la salle de bain sur fond de musique triste au piano. Puis les quelques scènes de mise à mort, qui sont assez bonnardes, catchy - à ce niveau Myers est plus proche d'un Jason Vorhees circa 87 que du boogeyman, c'est à dire un gros bourrin qui attrape les nanas par la tignasse et les claque contre les murs comme des petits chatons ou retourne des voitures à mains nues comme qui rigole. Ensuite, la B.O., forcément sympa quand on connait les goûts du bonhomme, un peu de MC5 par-ci, des miettes de Ace of spades par là (je sais plus quel morceau, ils se ressemblent tant), et le groupe de psychobilly fictif extra posé au milieu, ça n'fait jamais de mal. Et surtout, la partie façon "critique de l'Amérique profonde" avec papy McDowell en Dr Loomis moustachu devenu businessman cynique et egocentrique, qui cabotine pépère sur les plateaux de télé en se demandant ce qu'il fout ici, dans des scènes très cool qui auraient méritées plus de place, tellement ce mec reste sous-exploité (et mal employé) depuis 30 ans. Le reste fait grand peine, et les scènes oniriques avec le cheval et Mme Zombie immaculée (je préférerais la voir simplement enculée ; effectivement, inutile de se forcer à rimer subtil pour si peu) sont parfaitement ridicules, j'ai rarement eu l'impression de pouvoir tourner et monter moi-même, en mieux, des scènes que je vois dans un film, mais c'est exactement ce que j'ai ressenti, tellement c'est filmé avec les pieds. Ni fait ni à faire, comme on dit dans ces cas-là. De toute façon quand je viens à causer technique dans une chro de film, c'est que l'oeuvre en question est sévèrement daubée, dites-vous bien.
Tout ce que j'espère c'est qu'à la prochaine il prendront un scolaire style Alex Aja, qui fera ptetre moins personnel mais plus efficace, et, je le répète mon gros Robert : restes-en à tes Rejects, tes House of the 100 Corpses, bref tes trucs de serial killer hippie au Cirque Pinder, c'est là dessus qu'il faut se focaliser, pas sur le business du remake, laisses ça à Michael Bay, va me réécouter un ptit Super-Charger Heaven et penses bien fort : JE PEUX Y ARRIVER. Bises velues.
mardi 11 mai 2010
Frankie & Johnny (Gary Marshall, 1991)
Venant d'un mec qui a découvert Debussy grâce à Michelle Pfeiffer et sa façon de se brosser les chicots qui a du laisser perplexes bien des associations de dentistes, on peut s'attendre à tout. Best Romantic Movie ever ? Sans nul doute, mes agneaux, n'était cette promotion du préservatif aussi insistante que tâche (c'est une image hein) vers le milieu du film, pour faire genre responsable, tout est d'une redoutable efficacité, authentique, Pacino est gavant au début puis séduit peu à peu, Michelle est l'évidence même, fragile et cruelle, et belle comme toujours, les seconds rôles hyper caricaturaux (le copain homo, la vieille moche et la salope de service) assurent le côté comédie US gnan-gnan indispensable pour le système digestif de ceux qui ne peuvent pas supporter l'appellation "film d'auteur", et la fin tue sur place.
Il existe 3 catégories de cinéphiles romantiques : ceux qui considèrent Quand Harry Rencontre Sally comme le summum du genre (pour lesquels je compatis, croyez-le), ceux qui se masturbent devant Harold & Maud en cachette, et enfin la dernière, celle des petits salauds qui font mine de vouer un culte à Eternal Soulshine of the Stopstress Mind (le plus souvent pour alpaguer les étudiantes en art qui aiment ce genre de navets poético-créativo-sensibles) mais qui ne fondent en vérité que pour Frankie & Johnny In The Clair de Lune en le gardant jalousement pour eux, car pour eux, ce film incarne la justesse, la sensibilité, l'humour, les prises de tête et tout ce qu'il faut dans une bonne histoire de séduction et d'amour, sans facilités, sans faire mine tout est joué d'avance et ça va aller comme sur des roulettes - le tout dans un écrin Pretty Woman risqué mais pas contre-productif le moins du monde. A part Two Lovers, votre humble serviteur n'a rien vu depuis qui en approche la qualité, dans le genre. Accessible et subtil, c'est toujours possible.
samedi 8 mai 2010
Wolfen (Michael Wadleigh, 1981)
Ceux qui ne savent pas qui est Albert Finney méritent dans l'instant mon mépris le plus total, mais ils peuvent se rattraper.
Ceux qui désespèrent de trouver mieux que le sempiternel film de lycanthropes (so cliché) et rêvent de voir enfin une série B singulière et digne de ce nom à la hauteur de la classe du canis lupus, peuvent y aller les yeux fermés (façon de parler, hein).
Ceux qui ne ressentent rien devant ce poster et restent froids à la lecture des mots "nocturne" et "new wave" n'ont qu'à aller se faire mettre de la part de votre serviteur.
Ceux qui n'ont pas eu la chance comme moi d'avoir une môman et un pôpa assez intelligents pour appuyer sur la touche record du magnétoscope quand ce bijou aussi culte que secret fût diffusé sur Canal circa '90 sont pardonnés, et conduits vers la salle la plus proche.
Ceux qui veulent en savoir plus sur le temps de conscience du cerveau après décapitation peuvent s'instruire de façon ludique grâce au légiste black très cool et très eighties incarné par Greg Hines.
Ceux qui ont quelque dent contre ces enculés de colons d'outre-atlantique et rêvent d'un monde où les esprits Indiens reviendraient sous forme animale pour venger leurs familles violées et anéanties peuvent trouver quelque réconfort dans les bras de l'oncle Wadleigh.
Ceux qui ont kiffé Predator non pas pour les répliques peanuts de Schwarzie ou les dreads du champion d'accrobranche mais pour les gros plans en caméra thermique subjective peuvent déjà préparer la pizza 4 saisons et commander leur ticket pour la séance de minuit.
Zatôichi hatashi-jô (Yasuda Kimiyoshi, 1968)
Celui-ci n'est pas de Misumi, et pourtant il s'agit facilement un des meilleurs Ichi, même si souvent dédaigné par les aficionados au profit de ceux du maître sus-cité; un des plus classiques dans la forme et l'histoire mais un des rares qui soient vraiment homogènes niveau ambiance, et avec des personnages subtils (ce qui est loin d'être le cas des épisodes bankables et surtout bancals style Yojimbo vs Zatoichi, mal ficelés, caricaturaux) avec un Katsu plus finaud que jamais, multipliant les grimaces dont lui seul a le secret (ah, cette façon inimitable de mâchouiller son riz !) et les tours cocasses, privilégiant toujours la diplomatie aux démonstrations de force ; et s'achevant sur un ultime duel magnifique avec le ronin taciturne et élégant de service, d'autant plus magnifique qu'à l'issue personne n'est vaincu - peut-être le plus beau face-à-face de la saga (enfin dans ceux que je connais, c'est à dire les 14 épisodes qu'a laissé filtrer Wild side de part chez nous); l'intro nous montre un Ichi limite psychopathe, plus imprévisible qu'à l'accoutumée, car il n'hésite pas à couper deux malheureux filous qui lui ont juste fait une mauvaise blague (nombreux furent ceux qui se moquèrent de sa cécité avec infiniment + de cruauté et ne se virent répondre que par un sourire benêt, donc quand on connait un peu le lascar ça surprend), puis se révélant comme se sera de coutume dans les derniers épisodes plus complexe et fascinant que jamais, entre la farce et le tragique. Grand cru.
Extrait mythique du jour
Contextualisation : Matthew Lillard (dont on louera à jamais le potentiel 'grimace baveuse' et la capacité à tenir le rictus demeuré pendant de longues minutes sans avoir une crampe aux pommettes, pour un acteur de la catégorie Ryan Phillippe & consort c'est du lourd, cabotinage fort de théine eheh) s'adresse à Neve Campbell tenue en joue (qu'elle a angûleusement exquises) car elle a percé à jour l'idendité des 2 tueurs du campus (hey Skeet, la classe tes mèches ! tkt t'es le Johnny Depp de poche qui dépasse l'original en classe), les deux psycho boys ont comme qui dirait vidé le stock de coke du daron et s'en donnent à coeur joie pour faire peur aux filles innocentes, ça se passe dans Scream, c'est en 1996, c'est culte comme les Deftones, et si tu n'as jamais kiffé ce charmant slasher ado et ses rejetons honteux Urban Legend & I know what you did last summer, ça veut dire que tu avais plus de 16 ans à sa sortie, et que tu devais déjà être quelqu'un de chiant, 'spèce de connard d'adulte aux goûts originaux et raffinés.
(petite piqûre de rappel, hinhin... HIN HIN HIN)
jeudi 18 février 2010
"...avec des pattes qui tricotent !" - "Un pull-over ?"
Une de ces comédies fraîches et putasses typiquement 90's que les français savaient sortir sans honte de laideur, parce que la comédie française est laide, par définition. Extrêmement laide. Grimaçante. Le quota grimace est depuis quelques décennies laissé à l'abandon; on avait besoin de voir crever De Funès, c'est un fait. On savait faire du con à la chaîne mais toujours sans se fixer de limites, on s'en est fixé, on a pris des acteurs moins charismatiques et on a pondu des gags moins lourds à digérer, avec des thèmes rarement fascinants. Aujourd'hui on se fade encore quelques successeurs de la phase Indien dans la Ville (genre que je qualifierais de coméd'ile-de-france et qui a fait bien des émules) mais il faut éviter les gros récifs à base de Michael Boon et Dany Youn, ah, de nos jours c'est vrai qu'ils n'ont toujours aucune honte nos comedy-makers, ni aucune audace ou créativité comme au temps des Magnifique et autres Aile ou la Cuisse (je prend des extrêmes hein, mais c'est pour bien me faire comprendre) - comme si une comédie devait fatalement être faite à l'arrache en reprenant des gimmicks et scénarii bis bis parce que les gens bah ils la regardent pas pour voir de l'originalité, etc etc... sauf que non non. Aujourd'hui il faut le dire sans ambages, la plupart des gâteaux légers tout juste démoulés de notre moule à comédie parlent de relations extra-conjugales dont on se fout comme de notre dernier carré de papier fesse, des premiers émois de pisseuses ou pisseux piqués aux Sous-doués mais traités avec fadeur et tiédeur, ou simplement, et encore plus ennuyeux, des parisiens dans Paris où la vie sent bon la confiture bonne maman. Le new school finalement c'est ptetre ce connard vert-de-gris de Jeunet, dans l'affaire, mais lui se défendra sans doute d'appartenir au genre comédie et d'être un réalisateur complexe (lol), donc il nous reste quoi ? Même Pédale douce bah, c'était déjà un peu de la merde, même de la grosse, si t'enlèves Gamblin & Laroque. En fait c'est peut être une question d'acteurs, plus que d'histoire... Un indien dans la ville déjà, t'as un casting au sommet de sa forme : Timsit qui passe son temps à couiner (excellente scène avec le siège de la voiture) ou à tirer une gueule pincée de banquier emberlificoté dans ses agios, mais qui évolue vers une sorte de phase post-crise de nerf du paternel moderne assez bien rendue (bonne pose émo sur la fin, avec monologue moralisateur sur le rôle du père et ce que c'est d'élever ses enfants + voix éraillée par la fatigue psychologique plus convaincant que dans n'importe quel film sérieux style auteur, je mets au défi de trouver; sans parler du décor en background réduit au strict minimum mais éloquent), Lhermitte égal à lui-même (c'est à dire passe-partout, ustensile, comme un comptable qui comptabilise quoi), madame BHL qui donne envie dès ses premières lignes de lui mettre une bonne bitte dans sa bouche pour qu'elle la ferme (et son acolyte Besnehard, une courgette, ici ou ailleurs), et enfin l'espèce de Mowgli concon qu'ils ont planté là, qui est pas marrant en lui-même (du tout, juste pathétique comme un petit bout d'praliné insignifiant) mais qui amorce quelques conneries pas piquées des hannetons, et réactions en chaîne karacho (ah ce concierge, une merveille, et la vieille qu'arrête pas de lui hurler après ! "M. Maréchal !" on est au niveau du premier Visiteurs dans ces moments-là, Philippe Bruneau rules). La musique est bien sûr world variétoche, pour transmettre une notion d'exotisme chez le quidam lambda qui veut laisser sa cervelle sur le porte-manteaux le temps d'un nanar. Quoi de mieux que Tonton David & Manu Katché pour ça ? Moi j'vois pas, et vous ? Le casting qui fleure Paname & son envoûtante superficialité à plein nez, les bons sentiments tous bancals indispensables, tout est gentil, mimi (tiens), mais on dénote quand même une légère touche de ce glauque typiquement frenchie, dans les passages avec les mafieux mangeurs de doigt notamment, ou la tronche de certains seconds rôles genre le flic, ou Miou-Miou qui sent encore la tenue de soirée même si on dirait qu'elle joue Mauranne dans un clip de Mauranne; enfin voilà, y'a des trucs intéressants à raconter. Palud fera Mookie quelques années plus tard, et s'enterrera, sans cet apport de rythme et de freshness qui font les qualités de la présente comédie. Tiens, à un moment on voit un poster de Roch Voisine (l'alibi 90's, j'te dis), un peu avant que Mimisiku mange les poissons d'aquarium de ce gros marcassin neuneu de Timsit. Y'avait un ptit quelque chose là-dedans, c'est net.
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